Projets, prototypes, automatisations
Développement accéléré par l’IA
Un espace pour coder, tester et discuter de l’IA appliquée au développement : projets Angular, automatisations, assistants métier, prototypes et retours d’expérience autour d’un développement plus rapide, plus clair et mieux outillé.Vivre sans l’IA
À partir du dimanche 28 juin 2026, je vais me lancer un défi : vivre sans l’IA pendant un temps.
Pas parce que je veux la rejeter. Au contraire, ce site existe justement pour explorer ce que l’IA permet de faire quand elle est utilisée sérieusement. Mais après plusieurs semaines très denses, j’ai envie de tester l’autre côté de l’expérience.
Concrètement, le défi commencera par un geste très simple : suspendre les abonnements aux services d’IA que j’utilise au quotidien. Il ne s’agit donc pas forcément de ne plus jamais toucher à une IA, mais de sortir du mode assisté, rapide, puissant et presque permanent, pour revenir à un usage plus limité, plus ponctuel, proche de ce que permettent les versions gratuites. Et cette différence compte, parce qu’elle change directement la manière de travailler : que reste-t-il quand on coupe le copilote, les prompts, les propositions de code et les réponses instantanées ?
Le point de départ : un laboratoire expérimental
Lab Ineddy est né comme un site expérimental autour de l’IA.
L’idée est simple : ne pas parler de l’IA seulement en théorie, mais construire avec elle, publier les résultats, documenter les méthodes, montrer les coûts, les limites et les effets concrets sur la manière de travailler.
Le site relie deux univers qui se croisent en permanence :
le développement, avec des applications, des interfaces, des audits, des automatisations et des outils internes
le marketing, avec des contenus, des stratégies, des pages SEO, des études de marché et des tests d’acquisition
Ce n’est pas un blog abstrait. C’est un carnet public de construction. Chaque projet sert à répondre à une question pratique : qu’est-ce que l’IA accélère vraiment ? Qu’est-ce qu’elle complique ? À quel moment elle aide ? À quel moment il faut reprendre la main ?
Ce qui a été fait en moins de deux mois
En moins de deux mois, l’IA a permis d’avancer à une vitesse difficile à ignorer.
Il y a eu BodySync, construit comme un MVP réel avec Angular, Firebase, Firestore, authentification Google, N8N, coach IA, génération de programme sportif, suivi du poids, mesures, historique et export CSV. Une première version a été réalisée en 28 heures, puis renforcée avec une couche de sécurité supplémentaire.
Il y a eu la refonte du site Ineddy, modernisée en moins de 5 heures, avec une archive de l’ancienne version, une nouvelle structure éditoriale et un positionnement plus clair.
Il y a eu ToutEddy, transformé en CV dynamique et filtrable, avec une frise, des catégories, des expériences, des projets et une navigation plus adaptée à un parcours hybride.
Il y a eu le module de traduction, les pages légales, les ajustements SEO, les retours d’expérience, les audits de sécurité, les corrections, la création d’une bibliothèque d’outils personnalisée et la construction progressive de Lab Ineddy lui-même.
Il y a aussi Suite Ineddy, avec une architecture plus ambitieuse autour de la génération de contenus marketing, des sessions utilisateurs, de l’historique, du mode démo, des accès premium et des premiers garde-fous.
Dit comme ça, c’est presque étrange. Ce ne sont pas seulement des idées notées dans un fichier. Ce sont des pages publiées, des composants, des routes, des contenus, des décisions techniques, des erreurs corrigées et des projets qui commencent à former un écosystème.
L’efficacité est réelle
Il faut le reconnaître franchement : l’IA est incroyablement efficace.
Elle accélère le passage de l’idée au prototype. Elle aide à structurer un projet quand tout est encore flou. Elle permet de relire du code, de détecter des incohérences, de proposer des corrections, de reformuler un contenu, de générer une base technique ou de transformer une intuition en plan d’action.
Elle donne aussi une continuité de travail très agréable. On peut passer d’une question stratégique à un composant Angular, puis à un texte, puis à une vérification SEO, puis à une correction de bug, sans changer complètement de rythme.
C’est probablement l’un des points les plus impressionnants : l’IA réduit le temps entre les étapes. Elle ne supprime pas le travail, mais elle diminue énormément la friction.
Les coûts visibles et invisibles
Mais cette efficacité a un prix.
Il y a d’abord les coûts directs : abonnements, crédits, appels API, modèles plus performants, hébergement, outils d’automatisation, consommation de tokens, services qui deviennent payants dès qu’on veut les utiliser plus sérieusement.
Même quand on essaie de rester minimaliste, les coûts existent. Héberger N8N localement réduit la facture, mais crée une dépendance à une machine allumée. Utiliser Codex ou ChatGPT accélère le développement, mais repose sur un abonnement. Ajouter des fonctions IA dans un produit pose rapidement la question du coût par utilisateur, des quotas et de la monétisation.
Il y a aussi les coûts invisibles.
L’IA donne une sensation de puissance qui peut devenir une pression. Puisqu’on peut produire plus vite, on a l’impression qu’il faudrait produire tout le temps. Ajouter une page. Corriger un détail. Créer une fonctionnalité. Écrire un article. Refactoriser. Tester un autre angle. Relancer une génération. Aller plus loin.
Le risque, ce n’est pas seulement de dépendre d’un outil. C’est de finir par croire que chaque idée doit immédiatement devenir un livrable.
La pression d’être toujours plus productif
Avec l’IA, le repos peut presque sembler suspect.
Quand un assistant peut continuer à proposer, corriger et produire, il devient facile de confondre disponibilité de l’outil et obligation personnelle. Si je peux avancer maintenant, pourquoi attendre ? Si je peux construire une autre fonctionnalité ce soir, pourquoi m’arrêter ?
Cette pression est subtile, parce qu’elle se présente comme une opportunité. Elle ne dit pas “tu dois travailler plus”. Elle dit plutôt “tu pourrais avancer encore un peu”.
Et c’est précisément là qu’il faut faire attention.
Un projet ne se résume pas à sa vitesse de production. Construire, ce n’est pas seulement empiler du code, des pages ou des automatisations. C’est aussi comprendre ce qu’on fait, choisir ce qui compte, laisser mûrir certaines décisions et accepter que tout ne mérite pas d’être optimisé immédiatement.
Pourquoi apprendre à travailler sans IA
C’est pour ça que le défi “vivre sans l’IA” m’intéresse.
Réapprendre à travailler sans assistant, même temporairement, peut être bénéfique. Cela oblige à ralentir, à lire le code soi-même, à chercher dans la documentation, à dessiner une architecture avant de demander une solution, à déboguer plus patiemment et à accepter le silence entre deux décisions.
Ce ralentissement peut redonner une forme de possession du projet.
Quand l’IA produit beaucoup de code, une sensation étrange peut apparaître : le projet avance, mais une partie du code semble nous échapper. On sait ce que l’on voulait, on voit que ça fonctionne, mais on n’a pas toujours traversé toutes les étapes intellectuelles qui mènent au résultat.
Travailler sans IA permet de reprendre contact avec ces étapes.
Reprendre le contrôle du code
L’objectif n’est pas de devenir puriste.
Je ne pense pas qu’il faille opposer travail humain et travail assisté. Le sujet est plutôt de garder une relation saine avec l’outil.
Pouvoir construire avec l’IA est une compétence. Mais pouvoir continuer sans elle en est une autre.
Sans IA, il faut mieux comprendre ses fichiers, ses dépendances, ses routes, ses services, ses composants et ses choix de données. Il faut aussi accepter de ne pas avoir immédiatement une réponse. Cette contrainte peut être frustrante, mais elle renforce l’autonomie.
Elle aide à redevenir propriétaire du projet, pas seulement conducteur d’une conversation qui produit du code.
Changer de vitesse
Vivre sans l’IA, ce n’est pas forcément arrêter de créer.
C’est peut-être changer de vitesse.
Lire. Reprendre des notes. Classer les idées. Tester une interface à la main. Faire un schéma. Nettoyer un backlog. Relire un projet publié. Écrire sans générateur. Observer les usages. Penser au marketing sans demander dix variantes. Faire autre chose que produire du code ou des applications.
Cette respiration peut aussi protéger les projets. Quand tout va très vite, on peut confondre mouvement et direction. Le recul permet de voir ce qui mérite vraiment d’être continué, ce qui doit être simplifié et ce qui peut attendre.
Le vrai but du défi
Ce défi n’est donc pas anti-IA.
Au contraire, il fait partie de l’expérience.
Si Lab Ineddy veut documenter honnêtement l’IA, il doit aussi documenter ce que l’IA change dans le rythme, dans la concentration, dans le rapport au code et dans la manière de se sentir capable.
À partir du dimanche 28 juin 2026, l’idée sera de couper l’assistance pendant un moment, de voir ce qui devient plus difficile, ce qui devient plus clair, ce qui manque vraiment et ce qui se révèle moins nécessaire qu’on l’imaginait.
Le but n’est pas de prouver qu’on peut se passer de l’IA pour toujours.
Le but est de mieux choisir quand l’utiliser.
Bilan provisoire
L’IA m’a permis de construire beaucoup en très peu de temps. Elle a accéléré des projets, clarifié des idées, produit des bases solides et rendu possible une quantité de travail qui aurait été difficile à tenir seul dans le même délai.
Mais justement, cette efficacité mérite une pause.
Apprendre à vivre sans l’IA, même de temps en temps, peut aider à mieux vivre avec elle : avec plus de recul, plus d’intention, moins de dépendance et une meilleure compréhension de ce que l’on construit.
C’est peut-être ça, la prochaine étape du laboratoire : ne pas seulement mesurer ce que l’IA permet de produire, mais aussi ce qu’elle nous fait oublier de pratiquer.